Mardi 22 juillet 2008
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L'olivier est l'arbre fruitier qui réclame le moins de traitements phyto-sanitaires, rares sont les maladies ou les infestations qui
conduisent à la mort de l'arbre. Néanmoins, quelques ravageurs et champignons peuvent nuire de façon sensible à la quantité et à la qualité de la récolte.
Les maladies des oliviers
Deux champignons et une bactérie peuvent gravement perturber la physiologie des arbres.
La fumagine
Les arbres à l'abandon sont souvent recouverts d'une poussière noire qui perturbe peu à peu l'activité chlorophyllienne. De nombreux champignons (Capnodium,
Cladosporium) se développent sur le miellat de cochenilles, de psylles ou de fulgorelles. Une taille suffit pour se débarrasser de ces envahisseurs, mais malgré tout le champignon
persiste. Il faudra, par la suite, effectuer plusieurs traitements de produits à base de cuivre, en début de printemps et en automne.
L'oeil de paon
Sous ce joli nom, qui décrit à merveille la tâche circulaire qui se forme en bout de feuille, se cache un redoutable champignon, le Cycloconium oleagineum.
Les Lucques, Tanche et Grossane sont particulièrement sensibles à cette mycose qui provoque une chute des feuilles prématurée. L'humidité contribue à sa prolifération et il n'existe pas de
traitement curatif.
Une bonne aération de l'arbre et deux traitements à base de cuivre, en automne et au printemps, limitent grandement les attaques.
Le chancre bactérien
Très répandu au-delà des Pyrénées, ce chancre forme des tumeurs sur les tiges et les branches, l'arbre s'affaiblit sans toutefois dépérir. Deux facteurs favorisent sa prolifération
: l'importation d'oliviers infectés et la transmission par les outils de taille.
La flamme de chalumeau est le seul instrument de désinfection efficace contre les bactéries et les virus. Cette opération prend moins d'une minute et évite de transmettre la bactériose d'un arbre
à l'autre. Les traitements au cuivre sont les seuls homologués contre ce chancre.
Les ravageurs des oliviers
Nous ne sommes pas les seuls amateurs d'olives et d'oliviers. Les attaques massives de nombreux animaux peuvent compromettre gravement les récoltes.
La cochenille noire de l'olivier
Saissetia oleae est très présente dans les oliviers mais cause peu de dégâts directs. Le véritable problème est la fumagine qui s'installe sur son miellat. En cas
d'infestation modérée, une taille aérée suffit pour diminuer fortement les populations de cochenille noire. Le lâcher d'un hyménoptère auxiliaire, le Metaphycus bartletti, est très
efficace. Trois à quatre tubes de cent insectes à l'hectare suffisent en cas d'infestation moyenne, une tube suffit pour éviter toute attaque dans un verger sain.
Avant de passer à la méthode chimique, il faudra compter en moyenne une cochenille vivante sur chaque feuille sur un échantillon de cent feuilles. Heureusement, les cochenilles sont frileuses et
ne survivent pas à un hiver froid.
La teigne
Cette chenille mérite bien son nom, elle dévore les fleurs au printemps, grignote les noyaux en été et passe l'hiver bien au chaud dans le limbe de la feuille. La génération
anthophage (qui mange les fleurs) est la plus sensible à une bactérie inoffensive pour les insectes et pour l'homme, le Bacillus thuringiensis. On l'utilise par ailleurs en projection
aérienne pour éliminer les redoutables chenilles processionnaires qui sévissent dans les forêts de pins. Répétez l'opération en cas de pluie (lessivage du produit) ou de froid (retard de
l'ouverture des fleurs).
L'application d'insecticides de synthèse ne sera réalisée qu'après comptage des grappes florales présentant des fils de soie agglutinant les pétales.
Si moins de 10 % de grappes sont infestées par Prays oleae, il est inutile d'intervenir. Si l'infestation est supérieure, contactez un technicien ou une association oléicole pour
déterminer la matière active homologue.
La fulgorelle (dite cicadelle)
Metcalfa pruinosa, tel est son nom d'artiste, a envahi le territoire méditerranéen en quelques années et progresse rapidement au nord et à l'ouest. Cette petite sauterelle blanche
affaiblit peu les arbres mais son miellat favorise l'extension de la fumagine. A ce jour, aucune matière active n'est homologuée pour lutter contre cet envahissement plus spectaculaire que
traumatisant.
La mouche de l'olivier
Alias Dacus, Bactocera aleae est un ravageur qui mérite amplement ce qualificatif. Cette mouche effectue sa première ponte dès la mi-juin sur les jeunes olives, la
larve se glisse dans le fruit qu'elle sillonne pendant une dizaine de jours en provoquant généralement sa chute. Les générations se succèdent tous les mois parfois jusqu'en décembre, à chaque
fois plus agressives. Les fruits piqués sont inutilisables en olive de table (2 % tolérés), provoquent une baisse de rendement en huile et une forte dégradation de son degré d'acidité.
La mouche de l'olivier est particulièrement active à basse altitude et dans une atmosphère humide. Les variétés récoltées tardivement sont d'autant plus sensibles à ce ravageur. En altitude, les
attaques sont faibles et peuvent être parfaitement contrôlées par quelques pièges en bordure d'oliveraie.
Le piégeage
On n'attire pas les mouches avec du vinaigre mais avec des appâts alimentaires ou des attractifs sexuels sur des pièges à glu ou remplis d'eau. Ces pièges sont utilisés depuis des années pour
détecter la présence de la mouche dès son premier vol et pour déclencher les traitements au meilleur moment.
Depuis peu, on utilise de nouveaux types de piège de lutte contre les infestations. Ceux-ci doivent être orientés au sud-ouest de l'arbre à hauteur d'homme. Les Bactrocerea pondent en
fin d'après-midi et c'est la partie de l'arbre la plus ensoleillée à cette heure-là qui attirera en premier ces ravageurs. En bord de mer, la mouche est très active et il faudra compter en
moyenne un piège par arbre et par an (un piège pour deux arbres, remplacé une fois par saison) pour espérer une couverture efficace. Cette méthode de lutte, associée aux autres traitements agréés
(cuivre, Bacillas thuringiensis), permet de se conformer aux exigences d'une production bio.
La lutte préventive
Un autre concept est celui de l'agriculture raisonnée qui limite l'utilisation de produits chimiques sans pour autant en proscrire l'utilisation. Un insecticide mélangé avec un attractif
alimentaire est pulvérisé dès les premiers vols sur une petite partie de l'arbre située au sud-ouest. Le traitement est renouvelé tous les dix ou quinze jours et après chaque orage. La production
n'est pas bio, mais la faune auxiliaire est peu atteinte. Les traitements seront stoppés au moins trois semaines avant la récolte.
La lutte curative
En cas d'attaque massive et d'échec de la stratégie préventive, on recourra au traitement insecticide sur la totalité de la végétation. La rémanence du produit est d'environ deux semaines. Les
insectes utiles ne sont pas épargnés par ces traitements qui doivent être considérés comme un dernier recours pour sauver la production.
Autres ennemis
Les psylles, thrips, otiorrynques, pyrale du jasmin et autres scolytes peuvent atteindre les oliviers. Il est vivement conseillé de contacter un technicien avant d'envisager un remède qui peut
être pire que le mal.
Les oiseaux sont des gourmets qui raffolent des olives mûres. Dans les régions où la récolte est tardive, ils constituent un réel problème sans réelle solution, il est difficile d'emballer les
arbres comme on le fait avec les vignes à raisin de table et les épouvantails sont peu efficaces.
Préserver la faune auxiliaire
Chaque arbre abrite des centaines d'insectes utiles. Certaines coccinelles se nourrissent exclusivement de cochenilles. Les chrysopes et certaines araignées font de même, tout en ne dédaignant
pas les chenilles de teigne. D'autres insectes, comme Métaphycus bartletti jouent l'Alien et pondent dans les cochenilles.