Vendredi 25 juillet 2008
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Les oliveraies du siècle dernier ont été décimées par la concurrence de l'horticulture, de la viticulture et de l'urbanisme galopant. Des
milliers d'arbre séculaires ont survécu. Ils font la fierté de leurs propriétaires... qui ne savent pas vraiment comment les entretenir.
Si votre but n'est pas d'obtenir une récolte mais simplement d'avoir des arbres sains et beaux, quelques soins suffisent.
Oliviers et pelouses
La tentation est grande d'installer un gazon autour d'un arbre vénérable. Le contraste entre le vert profond de l'herbe et le feuillage argenté de l'olivier est en effet magnifique. Pourtant il
s'agit là (sauf si le sol est très filtrant) d'une grave erreur qui peut mener au dépérissement et à la mort de l'arbre.
Gare à l'arrosage automatique
L'olivier est très bien adapté au climat sec mais ne supporte pas les aspersions régulières réclamées par le gazon. L'arbre reste beau pendant les premiers temps, puis s'étiole. Son feuillage est
de moins en moins dense et de plus en plus jaune. L'agonie peut durer des dizaines d'années avant l'inéluctable issue. En creusant à son pied on découvre une souche molle et rougeâtre, signe des
attaques de champignons pathogènes. Il est alors trop tard pour faire quoi que ce soit.
L'habitat idéal pour l'olivier est une pelouse non irriguée et tondue trois ou quatre fois l'an. Au printemps et en automne apparaîtront de jolies fleurs annuelles, laissez-leur le temps de fâner
et de ressemer avant de tondre. Ne ramassez surtout pas l'herbe coupée et laissez-la se décomposer sur place, elle nourrira et aérera le sol. Certes pendant l'été l'herbe sera jaune, mais on ne
peut pas tout avoir.
Règles de base
Si vous souhaitez installer un vrai gazon près d'un olivier, il faudra agir avec astuce et respecter certaines règles :
- ne jamais faire passer une canalisation d'arrosage près d'une souche d'olivier,
- établir la limite du gazon (et donc de la zone irriguée) au moins à trois mètres du tronc,
- planter au pied de l'olivier des végétaux ne réclamant pas d'arrosage (lavandes, romarins).
De la même manière, n'implantez pas une piscine à proximité immédiate d'un olivier.
La taille ornementale des vieux sujets
Les services espaces verts des collectivités locales ont pris l'habitude de tailler tous les ans les oliviers en boule. Le premier objectif de cette intervention est... d'empêcher les arbres de
fructifier. Les olives tombées au sol se transforment en savonnettes sur les trottoirs. Une taille annuelle des jeunes pousses diminue fortement la production de fruits. Les arbres des villes
doivent également être sculptés pour s'adapter aux contraintes de visibilité routière, d'espace limité ainsi qu'aux normes de sécurité chaque année plus draconiennes.
Vive l'olivier libre
Dans les jardins privés, la problématique est tout-à-fait différente et il est déconseillé de suivre cet exemple. Avant de démarrer la tronçonneuse ou de dégainer votre portefeuille pour payer
une entreprise d'élagage, il faut bien réfléchir.
Si votre arbre est en bonne santé, qu'il ne vous cache pas la vue sur la mer ou n'ombrage pas votre potager, il n'y a aucune raison objective de le tailler. Il faut tout au plus supprimer les
branches mortes ou malvenues tous les trois ou cinq ans sans chercher à intervenir sur la partie supérieure de la ramure. L'arbre ralentira sa vitesse de croissance dès qu'il aura atteint sa
taille et sa forme naturelles. Les oliviers "libres" sont bien plus beaux que les arbres déplumés et taillés en boule comme des buis dans un jardin à la française.
Eclaircissage et rajeunissement
Parfois, l'arbre s'essouffle, son feuillage est terne et ses branches virent au noir. Il s'agit d'une attaque de fumagine, un champignon qui se développe sur le miellat sécrété par une
infestation de cochenilles. Dans ce cas, une taille d'éclaircissage sévère, suivie d'un ou de deux traitements à base de cuivre, permettra d'aérer l'arbre et provoquera la pousse de jeunes
feuilles saines.
Les oliviers abandonnés depuis de longues années sont généralement en bien piètre état. Certes, une taille sévère permet à l'arbre de repartir sur du bois neuf, mais elle ne saurait remplacer les
soins culturaux (fumure, arrosage, travail superficiel du sol) qui seuls sont aptes à regénérer l'arbre.
Amélioration du sol
Si vos oliviers se portent bien, c'est qu'ils trouvent dans la terre les éléments nécessaires à leur alimentation. Tout apport d'engrais contribuerait à rompre ce fragile équilibre. Un broyage
sur place de l'herbe et des résidus de taille est suffisant pour conserver la fertilité du sol. Les arrosages ne sont nécessaires qu'en cas de printemps exceptionnellement sec. Par contre, si vos
arbres sont souffreteux, quelques soins ne seront pas superflus.
Décompacter la terre
Une des raisons principales de l'épuisement d'un olivier est une mauvaise respiration du sol. Pour de multiples raisons (compaction, érosion) la couche superficielle de terre est devenue
imperméable à l'air et à l'eau.
Il faut tout d'abord revenir à la source du problème. Parfois, changer un cheminement ou rajouter quelques pierres pour détourner les eaux pluviales suffisent à améliorer les conditions de
culture. Il faut alors décompacter le sol pour le remettre en fonctionnement.
Profitez de la fin d'une période pluvieuse pour intervenir, la terre sera plus souple. L'outil idéal est une fourche bêche solide. Enfoncez les dents le plus profondément possible et effectuez un
léger mouvement de va-et-vient. Le but n'est surtout pas de retourner la terre mais de favoriser la pénétration de l'eau, de l'air et de la matière organique. Répétez l'opération tous les vingt
centimètres autour de l'arbre.
Ramener de la vie
Si l'objectif n'est pas de produire des fruits mais d'avoir des arbres en bonne santé, il est inutile d'employer les engrais chimiques. Les effets de ces derniers sont très rapides et très
spectaculaires, mais ils ont tendance à fragiliser les plantes aux attaques des ravageurs.
Préférez donc les amendements organiques. Guano, fumier, compost font merveille au pied des oliviers. Ils stimulent la vie du sol, c'est cette dernière qui fournira les éléments nécessaires à une
alimentation équilibrée de l'arbre.
Les jeunes plantations
On ne plante pas un arbre qui peut vivre des milliers d'années aussi légèrement qu'une plante annuelle ou une vivace.
L'espace et l'exposition
Il faut avant tout réfléchir au lieu d'implantation de l'arbre, choisir la meilleure exposition et le meilleur drainage. Ensuite, il faut essayer de visualiser l'arbre adulte et de prévoir un
espace suffisant pour son développement futur. Le choix de la variété est primordial, certaines ne dépasseront jamais quatre mètres de haut et d'envergure, d'autres atteindront des dimensions
monumentales.
La plantation
Creuser un trou surdimensionné n'est jamais un luxe. Le jeune olivier développera ses racines d'autant plus aisément que la terre alentour sera décompactée. Ne rapportez pas de terre végétale
venant de l'extérieur. Il vaut mieux mélanger la terre en place avec les amendements appropriés (sable et gravier dans une terre lourde, chaux dans une terre acide, matière organique dans tous
les cas).
Les premières années
Tant que l'arbre n'aura pas vraiment fait sa place, il va falloir s'en occuper. Rassurez-vous, la tâche n'est ni ardue ni très fatigante. Si le ciel ne s'en charge pas, il faudra arroser
abondamment les jeunes oliviers tous les quinze jours, du printemps au début d'automne.
Côté nourriture, il suffit d'épandre et d'incorporer superficiellement quelques poignées de compost ou de fumier à ces mêmes périodes.