Vendredi 25 juillet 2008 5 25 /07 /2008 11:13

Au même titre que les agrumes et les palmiers, les oliviers font partie des plus belles plantes d'orangerie. Pourtant, nul besoin de posséder un château pour les cultiver.

Un bac de taille modeste permet de conserver un olivier pendant plusieurs dizaines d'années. Le principal intérêt du bac est de pouvoir être déplacé en fonction des saisons ou des accidents climatiques. Il faudra donc bien réfléchir avant de choisir un conteneur.

Choix du contenant

L'olivier ne survivra pas longtemps si vous le conservez dans son pot d'origine. Avant d'acquérir un immense bac ou une grande jardinière qui lui permettront de prendre rapidement de belles dimensions il faut penser au poids.

Problème de poids

Avant tout achat, estimez le poids total en rajoutant celui de la terre humide à celui du bac*.

En fonction du résultat de vos calculs, il vous faut disposer d'un moyen de levage adéquat. Un diable solide permet de déplacer un pot de plus de cent kilos. Les roulettes de déménageurs sont parfois bien utiles pour des charges supérieures. Si vous habitez en terrasse, préférez des contenants larges et peu profonds pour éviter de dépasser la charge de 250 kilos par mètre carré.

La tentation est grande de choisir un bac en plastique esthétique, peu onéreux et très léger. Mais ce matériau a de nombreux inconvénients dont le premier est sa faible longévité en extérieur. Le plastique ne "respire" pas et est étanche à l'air, pourtant les racines d'oliviers ont tout autant besoin d'oxygène que d'eau.

Préférez donc les bacs en terre cuite ou en bois, plus lourds mais plus esthétiques et totalement adaptés.

* Calculer la charge d'un pot
Pour calculer la charge maximale d'un pot, il faut mesurer son poids et son volume intérieur. Multipliez le volume en mètres cube par 1600 si vous utilisez un mélange très terreux et un drainage à base de cailloux et sable et par 800 si vous utilisez un mélange allégé par des billes d'argile ou de la pouzzolane. Ainsi pour un bac cubique de 50 cm pesant 20 kg vide, on obtient un poids de 220 kg avec un mélange "lourd" et de 120 kg avec un mélange aéré.

Le substrat

Ce n'est un secret pour personne, l'olivier a horreur de l'humidité stagnante, aime les terres drainantes et apprécie les grands espaces.

Pour reconstituer au mieux ces conditions idéales dans un volume limité, il faut impérativement que le pot dispose de larges orifices d'évacuation de l'eau (si nécessaire, faites des trous supplémentaires).

Par contre, les radicelles se dessèchent très vite dans un pot en plein soleil et la couche drainante se limitera à quelques cailloux ou morceaux de polystyrène destinés à éviter l'obturation des trous de drainage.

L'olivier pousse mal dans du terreau pur. Une proportion de 25 % de terre de jardin permet de stocker l'eau et les éléments nutritifs. Ceux-ci seront apportés par 20 % d'humus du commerce. Le reste du substrat est constitué à parts égales d'un matériau drainant (sable de rivière, pouzzolane, billes de polystyrène ou d'argile expansé) et d'un terreau de rempotage du commerce.

Ces proportions sont données à titre indicatif, à vous d'adapter votre mélange à votre situation et à votre climat.

Choix de l'exposition

L'olivier aime le soleil et le vent mais ne goûte guère le courant d'air glacial et les pluies incessantes.

A la belle saison

Dès que les gelées ne sont plus à craindre, l'idéal est de disposer le bac dans le lieu le plus exposé de la terrasse ou du jardin. L'olivier doit profiter au maximum de cette période pour engranger son capital d'énergie solaire.

En hiver

En hiver, il est prudent de le rapprocher d'un mur et de le mettre à l'abri de la pluie. En effet, si les oliviers résistent en pleine terre à des températures de - 15° C, ils souffrent dans un pot humide à - 8° C. Par précaution, effectuez ce changement de position dès que les températures nocturnes deviennent négatives. Si le thermomètre reste au-dessous de zéro pendant toute la journée, il est nécessaire de protéger l'arbre et surtout le pot.

Le simple plastique d'emballage à bulles fait merveille pour isoler le bac. En cas de grand froid, multipliez les couches et rajoutez une bande de plastique noir qui captera la chaleur. Par contre, l'arbre ne doit jamais être directmenet en contact avec un matériau étanche à l'air. On trouve désormais facilement des bandes de textile non tissé appelé voile d'hivernage, P17 ou P30. Le principe est le même que pour les combinaisons de plongée, les doubles vitrages ou les vêtements de ski : conserver la chaleur interne.

En cas de froid exceptionnel, construisez une serre de fortune ou déménagez l'arbre dans un garage, voire dans une pièce non chauffée de la maison.

Dès que les conditions climatiques le permettent remettez le pot en plein air.

Une alimentation équilibrée

L'olivier est un arbre frugal, mais il ne faut pas exagérer, confinées dans un espace restreint ses racines ne se nourrissent pas de l'air du temps.

Dans le mélange de base, il faut prévoir un cinquième d'humus du commerce ou un quart de compost bien mûr. Cette réserve nutritive sera vite consommée ou lessivée.

Pour compenser ces exportations, il existe deux méthodes.

La fertilisation chimique

Le choix ne manque pas dans les rayons des supermarchés, jardineries et coopératives agricoles on y trouve des engrais de tous types : liquides, solubles, à diffusion lente. Chacun a sa propre formulation, son propre dosage en NPK et en oligo-éléments. Les fabricants multiplient les présentations "plantes fleuries", "plantes vertes", mais le consommateur n'est pas prêt de trouver l'engrais "spécial olivier en pot". Même en pleine terre, la fertilisation chimique de l'olivier est un casse-tête pour les oléiculteurs.

En pot, les engrais enrobés à diffusion lente sont utiles aux pépiniéristes pour obtenir une croissance rapide, mais ils ne sont pas adaptés à une culture à long terme. Autant privilégier la fumure organique.

La fumure organique

L'amateur, soucieux de la pérennité de son arbre, doit éviter tout excès et préférer la fumure organique.

Les apports organiques ne sont pas directement assimilés par les racines, ils sont transformés par la microfaune du sol avant d'être absorbés par les plantes. Les risques de surnutrition et de surdéveloppement sont en grande partie écartés, les végétaux croissent lentement, mais sûrement.

La structure même de ces amendements permet d'alléger le support de culture. L'ennemi principal de l'olivier étant un sol asphyxié, la fumure organique fait d'une pierre deux coups : elle nourrit l'arbre et aère le substrat en même temps.

Rempotage et surfaçage

Le rempotage et le surfaçage sont les deux gestes essentiels de l'apport en matière organique. Le rempotage est une opération lourde qui risque de perturber la croissance de l'arbre. Il ne s'agit pas forcément de changer de pot, mais de renouveler la majeure partie du substrat épuisé.

Le surfaçage est moins perturbant, il suffit de retirer délicatement la terre superficielle et de la remplacer par un mélange riche en humus. Quelques coups de griffe ou de couteau dans la motte permettront aux éléments nutritionnels de migrer aisément vers les racines. Un surfaçage annuel, voire bisannuel (au printemps et en septembre) permet d'espacer les opérations de rempotage.

L'arrosage

L'olivier est un arbre adapté aux sols secs. En pleine terre, il sait plonger en profondeur pour capter la moindre humidité.

En pot, la situation est fondamentalement différente, une journée de vent et de soleil ardent peut dessécher totalement le substrat. L'arrosage est alors indispensable pour rétablir une alimentation hydrique minimale.

Faites confiance à votre petit doigt

A défaut de fréquence d'arrosage idéale (autant préjuger, comme Fernand Raynaud, du temps de refroidissement du fût du canon), faites confiance à votre petit doigt.

Enfoncez donc votre auriculaire dans la partie extérieure du pot. Si votre doigt ressort sec et propre en totalité, il est temps d'arroser. Si vous percevez une trace ou une sensation d'humidité, reportez votre intervention.

Bien entendu, il faudra respecter les saisons. Les oliviers sont plus résistants aux basses températures s'ils ont les racines au sec, mais apprécient l'eau dès les beaux jours revenus. En plein été, il sera judicieux de compléter l'humidification du substrat par un bassinage du feuillage en visant la partie inférieure des feuilles.

Cultivé en pot, l'olivier modifie son cycle naturel. Il ne se repose plus du tout en été. Il est donc nécessaire d'accompagner sa période de croissance en évitant tout stress hydrique pendant la belle saison et de favoriser son hibernation en ralentissant les apports d'eau dès l'automne.

Ravageurs et maladies en pot

Les oliviers cultivés en pot sont peu sensibles aux ravageurs et aux maladies. Sur une terrasse ou un balcon, les aleurodes, mouches, pucerons et autres insectes piqueurs-suceurs s'attaquent de préférence à des plantes moins coriaces et plus colorées. Si quelques cochenilles ont colonisé les rameaux, il suffit de les ôter à la main ou avec un chiffon imbibé d'eau savonneuse. En réalité, la plupart des maladies des oliviers en pot sont dues à un accident de culture : mauvais drainage du pot, manque d'arrosage ou gel prolongé sans protection.



Par Ghyslaine BERGE-RODET - Publié dans : oléiculture
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