oléiculture

Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /2009 15:18

Chaque moulin traditionnel est une source infinie de poésie et de nostalgie. Les nouvelles techniques d'extraction ont néanmoins provoqué une amélioration qualitative de l'huile.

Un simple pressage ne suffit pas pour obtenir de l'huile, il faut auparavant passer par le stade du broyage et du malaxage. Les étapes initiales communes à toutes les méthodes sont l'effeuillage, l'épierrage et plusieurs lavages.

Les méthodes traditionnelles

Revenons quelques siècles en arrière. Des animaux ou l'énergie hydraulique faisaient tourner des meules en pierre sur les fruits pendant des heures pour obtenir une pâte homogène. On plaçait celle-ci sous des presses actionnées par l'homme et on récoltait l'huile de première pression à froid. Le rendement était très faible lors de cette première opération. On rajoutait donc de l'eau bouillante sur les scourtins et on pressait à nouveau, on obtenait une deuxième pression à chaud. Cette technique n'est plus utilisée depuis des lustres, les presses mécaniques ou hydrauliques développent des forces de l'ordre de 400 kg par cm² qui rendent superflue toute deuxième pression.

La méthode génoise

Cette technique de trituration ne se rencontre guère que dans le Comté de Nice où l'eau est abondante. Les meules en pierre broient et malaxent les olives à sec puis la "piste" est remplie d'eau, la meule continue à tourner longtemps. Lorsque lou déficié (le moulinier) stoppe le mécanisme, l'huile et la pulpe remontent à la surface. A la manière des récolteurs de sel, il ratisse la surface. Il filtre et décante manuellement pour récupérer la "fleur d'olive". Ensuite, par un jeu astucieux de nombreux bacs de décantation et d'ustensiles appropriés, l'essentiel de l'huile est récupéré sans pressage. La pâte résiduelle est placée dans des scourtins et pressée. Cette méthode est sans doute la plus spectaculaire et la plus sensuelle (chaque geste est un rituel) pour obtenir une huile très douce. Ces moulins sont particulièrement menacés par les législations antipollution... au grand dam des anguilles qui proliféraient dans les cours d'eau niçois.

La trituration à sec

La plupart des moulins français fonctionnaient de cette manière. L'olive est broyée par des meules, la pâte obtenue est malaxée avec de l'eau pour devenir homogène puis placée dans des scourtins qui sont placés sous des presses. L'huile est filtrée ou décante naturellement.

Les méthodes modernes

On n'arrête pas le progrès, les nouvelles machines permettent un travail plus rapide et une incontestable amélioration de la qualité du produit.

Les moulins hybrides

Nombre de moulins traditionnels modernisent peu à peu leur équipement. Les olives sont convoyées, effeuillées et lavées automatiquement. Les meules modernes tournent bien plus rapidement dans un bac en acier inoxydable. Un malaxeur à vis sans fin diminue le temps de meulage. Les meules peuvent même être remplacées par un broyeur à marteaux.

Enfin, des centrifugeuses et des décanteurs évitent l'utilisation des scourtins et des super-presses. Le travail perd en poésie, mais l'efficacité est au rendez-vous.

Les moulins à chaîne continue

Dans ce système, l'alimentation en olives est effectuée en continu. Elles sont lavées, broyées, malaxées, puis centrifugées plusieurs fois et ressortent sous forme d'huile, d'eau (margines) et de grignons. Récemment sont apparus des modèles de petite taille nettement moins chers que les installations classiques.

Comment obtenir son huile

Il est évidemment plus aisé de choisir son moulin dans le Var, par exemple, entre 20 et 30 moulins en activité, que dans les Pyrénées-Orientales, un seul moulin.

Le système coopératif

Les coopératives acceptent les olives quelle que soit la quantité. Un petit producteur peut très bien amener une trentaine de kilos, il obtiendra une part de la production du moulin. Par contre, il n'obtiendra pas sa propre huile.

Pour obtenir un tirage réservé, il faut apporter en une fois 250, 300, voire 700 kg d'olives fraîchement cueillies.

Les moulins privés

Les moulins à meule et à scourtins ne peuvent pas fonctionner sans une charge minimum, par contre les petites chaînes continues sont beaucoup plus souples. Pour un prix de trituration au kilo plus élevé (incluant le temps perdu de lavage et de mise en route de la machine), certains mouliniers et même quelques coopératives acceptent de réaliser des "pistes" de 150 kg, voire moins. Un particulier qui dispose de quelques arbres peut donc repartir avec "son" huile.

Des "micro-moulins" à chaîne continue sont apparus sur le marché. Leurs résultats tant en terme de qualité que de coût sont prometteurs. De nombreux oléiculteurs franchissent le pas et triturent eux-mêmes leurs olives.


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Vendredi 23 octobre 2009 5 23 /10 /2009 14:00

Toutes les variétés, loin de là, ne conviennent pas à l'élaboration d'olives de table, vertes ou noires. Certes, on peut toutes les désamériser par diverses méthodes, mais la qualité est rarement au rendez-vous.

En caricaturant un peu, on peut dire que les olives vertes sont plutôt appréciées pour leur aspect et la fermeté de leur chair que pour leur goût. Celui-ci leur est essentiellement apporté par l'assaisonnement.

Les olives préparées au sel uniquement

Cette façon de procéder est la plus respectueuse du goût intrinsèque. Elle est généralement réservée aux fruits cueillis à pleine maturité, mais certaines olives vertes sont traitées uniquement au sel.

Méthode niçoise

Peu de variétés conviennent à ce type de désamérisation très simple. Après récolte et lavage, les olives sont plongées dans une saumure contenant 10 % de sel marin et stockées dans un endroit frais et sombre (cave à vin). Au bout de quatre mois, on remplace l'eau par une saumure dosée à 8 %. On répète l'opération en fin d'été en utilisant cette fois 6 % de sel. Les olives sont prêtes à consommer au bout de cinq à six mois pour la variété Cailletier et jusqu'à huit mois pour les fruits les plus charnus.

Méthodes nyonsaises

Ces fruits, cueillis tardivement, sont ridés par le froid. La méthode la plus pratiquée est sensiblement la même qu'en pays niçois mais les olives ne sont pas vendues dans leur saumure qui est réutilisée après filtrage ou décantation d'année en année. Les olives simplement piquées et saupoudrées de sel fin sont délicieuses, mais doivent être consommées très rapidement.

Les olives à ragoût

Les olives noires sont piquées, puis recouvertes de gros sel en alternant dans un panier d'osier une couche d'olives et une couche de sel. Pendant deux à quatre mois, les fruits sont remués régulièrement. L'inconvénient de cette méthode, pratiquée surtout sur les Grossane, est de donner des fruits très salés convenant surtout pour la cuisson.

A l'eau courante, puis au sel

Les olives sont cassées ou tailladées puis plongées pendant plusieurs jours dans l'eau courante (fontaine, source). Lorsque le fruit a perdu l'essentiel de son amertume, il est mis dans une saumure contenant 5 % de sel marin. Cette méthode permet de désamériser toutes les olives. La durée du trempage dépend de la variété, de la taille et de la maturité des fruits. La qualité gustative est moyenne et la durée de conservation très limitée.

La désamérisation à la soude

La plupart des olives vertes et de nombreuses olives noires sont désamérisées par une brève immersion dans un bain à base de lessive de soude.

La lessive

Les olives sont immergées dans un bain contenant 1,5 à 2 % de lessive de soude. Prévoir environ un litre et demi de liquide par kilo d'olives. Au bout de trois ou quatre heures, la soude aura commencé son action et bruni la partie extérieure de la pulpe. Lorsque les 2/3 de l'épaisseur de la pulpe auront changé de couleur, il sera temps de passer au rinçage.

Le rinçage

Les olives doivent impérativement être rincées à plusieurs reprises pour éliminer toute trace de soude. On ne cessera les rinçages que lorsque l'eau restera totalement claire pendant au moins quatre heures.
En règle générale, il faut rincer les olives deux fois par jour pendant trois semaines jusqu'à élimination complète du produit.

La mise en saumure

La saumure utilisée contient généralement 5 % de sel marin. Quelques jours plus tard, on rajoutera 20 grammes supplémentaires par litre d'eau.

Le noircissement artificiel

Certaines olives vertes sont noircies artificiellement à l'aide d'injection d'oxygène et d'un produit (le glutamate ferreux) stabilisant la coloration. Ces olives n'ont gustativement rien à voir avec des olives noires uniquement traitées en saumure.

L'assaisonnement

L'identité gustative des olives désamérisées à la soude est apportée par le savoir-faire du confiseur, mais surtout par l'adjonction ultérieure d'aromates.

La soude supprime en partie le goût d'olive, typique des fruits désamérisés au sel.
La qualité du produit fini est alors intimement liée à l'assaisonnement. On peut rajouter dans le bocal des herbes de Provence, du fenouil et même du citron.
On peut aussi les dénoyauter et les farcir avec des anchois, des piments ou des amandes.

La pâte d'olives

La différence entre la tapenade et la pâte d'olives est évidente. Comme son nom l'indique (tapena signifie câpres en provençal), la tapenade est une préparation à base de câpres, d'anchois et d'olives. La pâte d'olives est par contre un produit brut uniquement constitué de pulpe d'olives noires préalablement désamérisées en saumure. Les olives sont ensuite rincées à grande eau et disposées sur des claies pour quelques jours de séchage. Enfin, une petite centrifugeuse suffit pour séparer la pâte des noyaux, on rajoute simplement 8 à 10 % d'huile d'olive pour améliorer son onctuosité et favoriser sa conservation.

La variété Cailletier convient particulièrement bien à cette transformation et il existe une AOC Pâte d'olives de Nice.



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Vendredi 23 octobre 2009 5 23 /10 /2009 11:09

Bonjour Madame,

Votre question est la suivante : désamérisation des olives

Je n'ai qu'un olivier mais il donne beaucoup de fruits (verts et noirs en ce moment). Puis-je les cueillir tous à la fois ? Merci de me donner des recettes pour conserver et consommer ces olives. Soude, potasse ou sel ? Comment ? Combien ? Combien de temps ?

Ma réponse :

Si vos olives sont en même temps vertes et noires cela veut certainement dire qu'elles ont été piquées, donc il est impossible de faire des olives de table. Normalement, la période pour cela va du 15 septembre au 1er octobre, dernier délai. Actuellement il est déjà trop tard pour faire des olives de table.

Si elles sont bien vertes et qu'elles n'ont pas viré, vous pouvez utiliser la lessive de soude que vous trouverez en droguerie ou au rayon droguerie de votre supermarché habituel.

Mais je vous conseille plutôt d'attendre qu'elles soient vraiment toutes noires pour les préparer. Vous les écrasez et les mettez au sel. Pour information, je vais écrire un article sur les olives de table, vous pourrez mieux comprendre de quoi je vous parle et aurez le mode d'emploi exact pour la préparation des olives avec les différentes méthodes possibles à appliquer.

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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /2009 10:10

Monsieur,

Merci pour votre question et votre compliment sur mon blog.

Votre question est la suivante :

" Avez-vous une idée de la vitesse de pousse des racines des oliviers par an ? "

Je ne peux pas vous dire exactement de combien de centimètres poussent les racines d'un olivier par an, mais ce que je peux dire, c'est que l'olivier est un arbre qui a un enracinement superficiel. L'enracinement est identique à la surface que prend l'arbre. Par exemple, s'il fait 2 m² de diamètre, il a autant en racine. 

En général, la profondeur d'enracinement est comprise entre 1,25 m et 1,80 m. Cependant, le chevelu racinaire se limite au premier mètre de sol selon les disponibilités en eau. Au-delà du premier mètre, on retrouve des racines permettant l'alimentation de l'arbre en cas de sécheresse. De plus, les racines principales dépassent peu l’aplomb de la frondaison, contrairement aux racines secondaires et aux radicelles qui peuvent explorer une surface de sol considérable.
 
Par contre, concernant l'opération de labour que vous comptez effectuer, je vous conseille de ne pas labourer trop près de l'arbre sinon vous prenez le risque de faire mourir les radicelles.

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Lundi 7 septembre 2009 1 07 /09 /2009 10:58

La taille est une pratique tout autant culturelle que culturale. D'une vallée à l'autre, voire d'un champ à l'autre, les méthodes diffèrent parfois du tout au tout. Les accidents climatiques, la variété cultivée, les coutumes locales ont une grande influence sur la conduite de la taille, mais la personnalité du tailleur est prépondérante.

La taille de formation

L'olivier est un arbre très plastique, il est facile de lui faire adopter la forme désirée dès ses premières années.

Le premier but recherché est d'obtenir un tronc qui permettra le passage des engins et éloignera les fruits du sol.

L'année de plantation

Si vous avez planté en automne ou au printemps, les jeunes plantations seront bien reparties en début d'été. Il sera alors aisé de repérer la pousse la plus vigoureuse et la plus verticale. Pincez-la à la hauteur où vous souhaitez obtenir les premières branches charpentières. Rengainez votre sécateur qui ne servira plus cette année, il est en effet essentiel de ne pas diminuer la surface chlorophyllienne pour alimenter les racines en sève élaborée. D'un coup d'ongle, vous pouvez éliminer les jeunes pousses mal placées, mais rien de plus.

Les printemps suivants

Si vous avez bien préparé votre sol, suivi les arrosages et la fertilisation, vos arbres doivent déborder d'énergie. Eliminez les pousses basses pour favoriser le tronc, mais agissez en douceur. Toute feuille exposée au soleil est un capteur d'énergie solaire, sa suppression ralentira la croissance de l'arbre.

Un an plus tard, vous pourrez sélectionner les premières charpentières. Votre coupe de l'an dernier aura provoqué de nombreux départs de végétation qui se seront concurrencés. Selon la variété, la région, la tradition, le microclimat... ou vos goûts, vous pourrez privilégier trois, quatre ou cinq charpentières qui formeront le premier étage de la végétation. Prenez garde à répartir les départs à différents niveaux sur le tronc pour renforcer la solidité de l'arbre.

Vos oliviers commencent à prendre forme, profitez-en pour soigner leur tuteurage en région ventée afin d'éviter qu'ils ne soient sculptés par le mistral ou la tramontane.

Vérifiez également les protections contre les rongeurs.

L'arbre en formation

Si tout se passe bien, le tronc sélectionné aura pris de belles proportions, supprimez donc les pousses inférieures qui n'auront pas d'avenir. Le moment sera venu de pincer les charpentières afin de former le deuxième étage de végétation. Selon la variété, on les coupera à 40 ou 60 cm du tronc.

L'année suivante, on sélectionnera deux pousses par charpentières pour former le troisième étage. L'arbre, s'il est issu d'une pépinière sérieuse et bien choyé, se met en production trois à six ans après sa plantation.

La taille de restauration

Les années qui suivent une taille sévère de régénération sont capitales pour la reprise de l'arbre.

Le cas des arbres recépés

Dans les cas les plus extrêmes, notamment lorsque les arbres ont subi un gel extrême, les troncs sont coupés au ras du sol.

Dès le printemps suivant, l'arbre réagira en émettant quantité de rejets. Vous pourrez reconstruire un arbre monotronc ou privilégierez deux, trois ou quatre tiges réparties autour de la souche. Intervenez plusieurs fois pendant l'été pour éliminer toutes les pousses concurrentes.

La suite de la taille est la même que dans le cas des jeunes plants (établissement de charpentières et sous-charpentières) à la différence près que les arbres recépés poussent beaucoup plus vite et demandent un suivi rigoureux.

Après une taille sévère

Pour favoriser les opérations de récolte et d'entretien, il est parfois nécessaire de rabattre l'arbre fortement. Faites sept fois le tour des arbres avant de démarrer votre engin. Il faut que vous visualisiez mentalement la silhouette future de l'arbre. Si vous n'y parvenez pas, rangez vos outils et allez visiter les oliveraies de votre secteur. N'hésitez pas à demander conseil. Méfiez-vous quand même des "je-sais-tout" qui vous proposeront d'effectuer ce travail en échange du bois. Celui qui rabat un olivier doit être celui qui le reformera les années suivantes.

La taille de formation d'un arbre en gobelet

Dès le premier été, sélectionnez la branche qui formera le tronc et coupez à la hauteur désirée.

Au printemps qui suit, supprimez les pousses inférieures.

Un an plus tard, coupez les bouts des charpentières pour initier le deuxième étage de végétation.

S'il est correctement arrosé et nourri, l'olivier réagira fortement dans le courant de l'été, éliminez tous les gourmands.

Au troisième printemps, on forme un étage supplémentaire de végétation.

L'olivier, formé en gobelet, est prêt à fructifier.

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Lundi 7 septembre 2009 1 07 /09 /2009 10:14

Le choix de l'écusson

Il faut veiller à choisir un écusson à prélever dont l'oeil est bien visible.

L'oeil est bien visible : c'est un bon choix.



L'oeil n'est pas visible : c'est un mauvais choix.



Le greffage

Le greffage se fait en mai ou première quinzaine de juin. Il faut que tous les végétaux soient bien en sève, l'écorce se décollant sans résistance.

Le but de l'opération est de débiter un demi-cylindre contenant un oeil viable :



Pour cela, on pratique une incision horizontale, sur la moitié du diamètre, au-dessus de l'oeil :



puis dessous : 




Puis une incision verticale à gauche et à droite pour finrir la découpe du demi-cylindre : 



que l'on extrait à l'aide de la languette de l'écussonnoir. Il ne doit y avoir aucune résistance lors de l'extraction. Un rameau qui ne serait pas assez en sève mettrait en péril l'opération.



Après avoir coupé les branches latérales du porte-greffe depuis le sol jusqu'à la zone que l'on souhaite greffer, on applique l'écusson contre l'écorce du porte-greffe (délicatement car il risque de se briser).



A l'aide de la lame de l'écussonnoir, on va trancher le porte-greffe de façon à dessiner une entaille épousant la forme de l'écusson : un coup de lame en haut, en bas, à droite et à gauche.






L'empreinte de l'écusson à plaquer est débitée dans le porte-greffe.

On extrait la découpe à l'aide de la languette de l'écussonnoir. Tout comme pour l'extraction de l'écusson, la découpe doit s'enlever sans résistance et sans fragments adhérents, tout devant être très en sève.





On plaque l'écusson dans la découpe du porte-greffe.





On procède à la ligature en laissant juste dépasser l'oeil et le pétiole.



Au-dessus du placage, on réalise une incision annulaire, de 1 à 2 mm de hauteur, sur la totalité du diamètre. Cela a pour but de favoriser la concentration de sève au niveau du placage. En cas d'échec de la greffe, le cal cicatriciel de cet anneau se formera suffisamment rapidement pour ne pas mettre en péril la partie supérieure de la branche.





Voilà l'opération terminée.

Si tout se passe bien, en août, l'oeil doit partir en végétation.



Le porte-greffe sera sectionné alors entre le placage et l'incision annulaire, durant l'hiver (plaie à mastiquer).

Un an après la photo précédente :



Astuce pour éviter des échecs de greffes à cause de poussières ou salissures des bords du greffon :

Ouvrir sur le porte-greffe une "fenêtre" plus petite que le greffon, faire le rapprochement, puis recouper le greffon à la bonne taille de la fenêtre. Ainsi, la partie intérieure du greffon et ses bords ne sont plus remanipulés et parfaitement ajustés.

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Lundi 7 septembre 2009 1 07 /09 /2009 09:58

Je réponds à la question de Monsieur LEMORT Jean-Claude :

Monsieur,

Merci pour la question que vous m'avez envoyée par le formulaire de contact.

Ne me faites pas parvenir vos photos, je sais de quoi il s'agit, du moins je pense savoir ce qu'ont les oliviers dont vous parlez.

- Soit il s'agit de noyaux, déféqués par les oiseaux, qui ont pris racine,
- Soit il s'agit d'arbres qui ont gelé en 1956 et qui repoussent par le porte-greffe (ce sont certainement des oliviers sauvages).

La solution :

- Tailler les branches le plus bas,
- En février, laisser un tronc principal avec 4 branches pour former un gobelet.
- En mai et en pleine floraison, prévoir un greffage sur chaque branche. Sur l'écorce faire un greffage à l'écusson (voir articles "Le greffage en placage d'écusson de l'olivier" et sur la taille fruitière "La taille de formation d'un arbre en gobelet").

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Jeudi 11 juin 2009 4 11 /06 /2009 14:34

Je réponds à la question d'un visiteur de ce jour car la question n'ayant pas été posée dans "Commentaires" au bas d'un article, je ne peux y répondre à la suite comme je le fais à chaque fois et cela pourra peut-être servir à d'autres personnes intéressées par le même sujet.

Question de Monsieur J. S. (département 26) :

Bonjour,

Je possède un olivier appelé aussi la tanche, qu'un producteur de Nyons m'a offert, cette arbre n'a que quelques années, mais n'a pas jamais eu d'olives, faut-il le couvrir l'hiver pour éviter le gel, que faire pour la polénisation ?

Très cordialement.

Ma réponse :

Monsieur J. S.,

Je ne sais pas si votre arbre est en pleine terre ou en pot, mais ce que je peux vous dire, c'est que la Tanche est un arbre vigoureux, il résiste donc au froid. Cependant, comme tout olivier, des températures inférieures à - 8 ou - 10 degrés au-dessous de zéro causent déjà des dégâts aux jeunes pousses. Vers 12 - 15 degrés au-dessous de zéro, la charpente entière peut être détruite.

L'olivier (en pot ou bonsaï) ne supporte pas l'air sec et confiné d'un logement. Il faut le laisser dehors en permanence, même en hiver. Il faut qu'il soit placé à un endroit à l'abri du vent, sous un préau, un jardin d'hiver ou une tonnelle... mais toujours en pleine lumière. Si les températures sont inférieures à - 10 degrés pendant plusieurs jours, il vaut mieux rentrer votre olivier dans un garage près d'une fenêtre ou dans une entrée non chauffée mais éclairée par la lumière du jour. Ensuite, dès que les températures augmentent à l'extérieur, vous pouvez le ressortir.

En hiver, s'il fait vraiment froid, je vous conseille de protéger votre olivier à l'aide d'un voile d'hivernage en polypropylène non tissé très résistant ; celui-ci protège l'arbre et évite ainsi la condensation qui pourrait engendrer des moisissures. Il est toutefois déconseillé de le laisser en place pendant toute la durée de l'hiver, il est donc conseillé de le retirer dès que les températures sont devenues plus clémentes.

Concernant la pollinisation, le Cornicabra est un très bon pollinisateur, mais pour la Tanche je vous conseille plutôt le Cayon qui est originaire du Var. D'ailleurs, je l'ai cité dans mon article sur la Tanche dans la rubrique "Variétés d'oliviers".

J'espère avoir répondu à vos questions.

Bien cordialement.




Par Ghyslaine BERGE-RODET - Publié dans : oléiculture
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Jeudi 15 janvier 2009 4 15 /01 /2009 11:54

La récolte des fruits est un grand moment de plaisir. Pourtant, cette étape doit être réalisée avec beaucoup de rigueur.

La date de récolte

Selon le degré de maturation des olives, le goût de l'huile change du tout au tout.

Attention aux traitements

Il est interdit de récolter moins de 21 jours après un traitement insecticide. Pour certains produits, ce délai doit être de 60 jours sous peine de retrouver des traces de matière active dans l'huile. Le mieux est évidemment de ne pas utiliser ces produits du tout. Attention également au voisinage, arrangez-vous avec les agriculteurs limitrophes pour qu'ils ne traitent pas non plus à cette période.

Les olives de table

Certaines olives vertes sont récoltées dès le mois de septembre alors qu'on gaule, dans les Alpes-Maritimes, parfois jusqu'au mois de mai. La date de brunissement des olives dépend essentiellement de la variété cultivée.

Pour information, les premières années de récolte de nos olives, nous avions essayé de faire de l'olive de table, nous avions récolté les olives variété Lucques au mois d'octobre environ ; le rendu était plutôt satisfaisant. Mais nous n'avons plus récolté les olives pour la table par la suite car trop contraignant et pas assez de savoir-faire pour cela. L'idéal pour l'olive de table est d'en faire à différentes saveurs. Nous avions donc décidé par la suite de ne récolter les olives que pour les transformer en huile, ce qui était au départ notre principal objectif et souhait.

Je ferai un article sur l'olive de table plus tard.

Les olives à huile

En altitude, la première contrainte est le froid. Les olives gelées dégradent rapidement la qualité de l'huile. La récolte commence souvent en fin du mois d'octobre. Tout dépend en fait de la région car la récolte précoce a surtout lieu en Provence en général, d'où une huile assez verte d'aspect et de goût, que nous n'apprécions pas, question de goût personnel.

Les olives récoltées tôt donnent une huile à forts arômes herbacés, piquante et ardente. Par contre, le rendement, soit le rapport du poids de l'huile obtenue et du poids des olives, est faible (de l'ordre de 15 %). Cueillies quelques semaines plus tard, les mêmes olives auraient produit une huile plus douce, développant les saveurs de fruits frais ou secs, et le rendement aurait fortement augmenté.

Par contre, l'ardence et la légère amertume qui font saliver pendant des heures les amateurs de "fruité vert" auraient été nettement moins présentes.

Le délai entre récolte et moulin

Le pressage des olives est toujours facturé au kilo d'olives trituré et non pas au litre d'huile obtenue. Dans certaines régions, on laissait se déshydrater les olives entre la récolte et le moulin. Cela permettait de diminuer fortement les frais de transformation mais dégradait la qualité de l'huile dont le degré d'acidité grimpait en flèche. Les olives ayant pour particularité de capter les odeurs environnantes, certaines huiles sentaient le grenier, d'autres le feu de cheminée. Les saveurs de jus de fruits étaient éliminées.

Les prix de revient et de vente de l'huile d'olive française en font un produit résolument haut de gamme qui ne peut plus tolérer la médiocrité. Le délai entre la récolte et l'acheminement au moulin doit donc être le plus bref possible.

La méthode de récolte

La manière d'opérer change en fonction de la variété, du produit recherché et surtout de l'équipement.

A la main

C'est le geste le plus respectueux de l'olive et de l'arbre. Une cagette en bandoulière, les cueilleurs récoltent les olives à la main. Cette manière d'opérer extrêmement longue ne subsiste plus que pour la récolte des olives de table.

Le peigne manuel

On dispose un filet ou une bâche sur le sol et les cueilleurs peignent respectueusement l'arbre. Gros progrès, ils peuvent porter des gants et avoir ainsi moins froid aux mains.

Vive le vent

Dans certaines régions, on positionne des bâches ou des filets et on attend que les fruits tombent naturellement. Parfois, on se passe de filet et on creuse directement des rigoles où des olives s'accumulent. Cette dernière méthode donne évidemment des produits de piètre qualité dont le degré d'acidité frise celui de l'huile lampante impropre à la consommation. La technique des filets est plus respectueuse pourvu qu'elle soit bien utilisée (vidange des filets très régulière, pose sur sol enherbé pour éviter que l'olive soit en contact avec la terre, voire suspension entre les arbres à 70 cm du sol).

Le gaulage

Sur les grands arbres, on utilisait traditionnellement des gaules de plusieurs mètres de long en noisetier ou en sureau. Cette méthode demandait un grand savoir-faire pour ne pas blesser les rameaux, ne pas se fatiguer trop vite et... ne pas chuter de l'arbre. Cette technique s'est mécanisée depuis.

Les peignes mécaniques

Ces peignes télescopiques sont généralement pneumatiques et alimentés par la prise de force d'un tracteur. Ils permettent une récolte très rapide et peu traumatisante pour les branches et les rameaux. Ils ne blessent pas les olives, même récoltées à maturité.

Les vibreurs de branches

Montés sur un moteur de débroussailleuse ou sur des buggys aux allures d'engins lunaires, ils produisent des vibrations de faible amplitude à haute fréquence. L'utilisation correcte de ce type de matériel demande une certaine expérience et une taille appropriée des arbres.

Méthodes personnelles

Nous pouvons dire que nous avons essayé plusieurs méthodes de récolte. En effet, durant les premières années de production de nos oliviers, nous récoltions les olives à la main, non pas avec une cagette en bandoulière mais avec une cagette posée à terre ; ma mère avait pour l'occasion fabriqué une toile ouverte, rétrécie au centre, qui retombait vers le bas, que l'on enfilait sur 4 bras en fer qui s'emboîtaient eux-mêmes sur chaque coin d'une brouette ; ainsi les bras recouverts de la toile formaient un cône, bien pratique pour la récolte. Il suffisait de placer au-dessous de la brouette une cagette et en déposant les olives récoltées à la main, celles-ci retombaient automatiquement dans la cagette.

Nous avions essayé les peignes manuels mais nous n'avions pas trouvé cette méthode bien pratique. De plus, en passant le peigne sur les branches, il se coinçait et arrachait trop de feuilles.

Enfin, nous avons investi l'an dernier dans un vibreur et des filets pour faciliter la récolte et gagner du temps aussi, n'ayant que quelques jours disponibles pour procéder à la récolte des olives.

Cette année, nous avons eu l'aide de deux voisins pour cette récolte d'olives, Bernard et Yves, Bernard ayant été déjà présent l'an dernier ; nous les remercions pour leur aide et avons d'ailleurs personnalisé notre étiquette de bouteille d'huile en conséquence, ou du moins la contre-étiquette ("La pressée de l'Amitié"), que nous leur avons donnée. La récolte a été très bonne cette année, beaucoup d'olives, des olives à maturité et pas du tout abîmées ni piquées par la mouche ni gelées... Le climat a été favorable cette année, de la pluie au bon moment, pas de vent chaud lors de la floraison (le vent chaud brûle les fleurs), pas de sècheresse en été ; il a permis une pousse des arbres importante et des fleurs nombreuses, donc des olives en quantité importante. Nos arbres ont maintenant près de 12 et 13 ans d'âge et ont produit cette année 1,5 tonne d'olives, soit un rendement moyen en huile de près de 14 % soit 213,75 litres, mais nous n'avons pas tout récolté par manque de temps. Le taux de rendement est moins important cette année par rapport à l'an dernier mais c'est la quantité d'olives qui est bien plus importante cette année. L'an dernier, nous avions récolté 550 kg d'olives pour un rendement moyen en huile de 18,82 % soit 102 litres d'huile environ.

Quelques photos de la récolte :

Le vibreur
  

Quelques photos de l'oliveraie en période de récolte :

     

 

  

Photo d'un olivier variété Verdale


Par Ghyslaine BERGE-RODET - Publié dans : oléiculture
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Samedi 26 juillet 2008 6 26 /07 /2008 11:15

Les derniers étages des immeubles récents abritent souvent des jardins extraordinaires. Ces espaces disposent d'un ensoleillement optimal qui incite à la culture de plantes méditerranéennes. Pourtant, ces terrasses subissent des conditions sévères.

Le froid et le vent

La vitesse du vent augmente très rapidement avec l'altitude, il en est de même pour le froid.

Par contre, il ne faut pas négliger la chaleur interne de l'immeuble qui s'évacue par le haut et qui crée une bulle d'air chaud au sommet des bâtiments.

Il faudra toujours choisir l'emplacement des oliviers en fonction de ces contraintes, les isoler des vents dominants par des haies, les implanter dans les endroits les plus ensoleillés et, si nécessaire, les adosser à un mur clair et chauffé.

L'étanchéité

Les racines d'olivier sont très fines et avides d'humidité, elles forment un chevelu dense qui profitera du moindre interstice entre les couches d'étanchéité pour faire son chemin et compromettre l'imperméabilité à terme de la toiture terrasse.

Les composés bitumineux des revêtements d'étanchéité deviennent rapidement assimilables par les racines et se décomposent en une quinzaine d'années. Une surcouche en ciment permet d'isoler les végétaux de ces sources de nourriture pendant beaucoup plus longtemps.

Le drainage

Si les terrasses jardin sont mal drainées, plusieurs centimètres d'eau stagnent au-dessous de la couche drainante. Les premières années permettent une bonne humidité du sol, mais lorsque les racines atteignent l'eau stagnante, commence la catastrophe : l'olivier jaunit et perd peu à peu toutes ses feuilles. Un curage des orifices d'évacuation règle souvent le problème.

La transplantation

Nous avons vu que les oliviers renaissaient même après l'enterrement de leur souche, ces arbres font également preuve d'une exceptionnelle capacité de reprise après une transplantation. Cet atout est primordial pour une plante de terrasse jardin qui est souvent appelée à être déplaçée lors des travaux de réfection d'étanchéité ou de façade.

L'essentiel est de procéder au début du printemps. Creusez tout d'abord jusqu'au fond de la jardinière (en évitant bien sûr de dégrader l'étanchéité), puis cernez la motte avec une bêche bien affûtée. L'idéal est de replanter immédiatement (mais vous pouvez également la conserver en jauge) la motte recouverte de terre, de sable ou de terreau en attendant la fin des travaux.

L'essentiel est de conserver une certaine humidité autour des racines qui vont se former pendant l'année suivante. Une bonne taille permettra de respecter l'équilibre entre feuillage et système racinaire.

Par Ghyslaine BERGE-RODET - Publié dans : oléiculture
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