Chaque moulin traditionnel est une source infinie de poésie et de nostalgie. Les nouvelles techniques d'extraction ont néanmoins
provoqué une amélioration qualitative de l'huile.
Un simple pressage ne suffit pas pour obtenir de l'huile, il faut auparavant passer par le stade du broyage et du malaxage. Les étapes initiales communes à toutes les méthodes sont l'effeuillage,
l'épierrage et plusieurs lavages.
Les méthodes traditionnelles
Revenons quelques siècles en arrière. Des animaux ou l'énergie hydraulique faisaient tourner des meules en pierre sur les fruits pendant des heures pour obtenir une pâte homogène. On plaçait
celle-ci sous des presses actionnées par l'homme et on récoltait l'huile de première pression à froid. Le rendement était très faible lors de cette première opération. On rajoutait donc de l'eau
bouillante sur les scourtins et on pressait à nouveau, on obtenait une deuxième pression à chaud. Cette technique n'est plus utilisée depuis des lustres, les presses mécaniques ou hydrauliques
développent des forces de l'ordre de 400 kg par cm² qui rendent superflue toute deuxième pression.
La méthode génoise
Cette technique de trituration ne se rencontre guère que dans le Comté de Nice où l'eau est abondante. Les meules en pierre broient et malaxent les olives à sec puis la "piste" est remplie d'eau,
la meule continue à tourner longtemps. Lorsque lou déficié (le moulinier) stoppe le mécanisme, l'huile et la pulpe remontent à la surface. A la manière des récolteurs de sel, il ratisse
la surface. Il filtre et décante manuellement pour récupérer la "fleur d'olive". Ensuite, par un jeu astucieux de nombreux bacs de décantation et d'ustensiles appropriés, l'essentiel de l'huile
est récupéré sans pressage. La pâte résiduelle est placée dans des scourtins et pressée. Cette méthode est sans doute la plus spectaculaire et la plus sensuelle (chaque geste est un rituel) pour
obtenir une huile très douce. Ces moulins sont particulièrement menacés par les législations antipollution... au grand dam des anguilles qui proliféraient dans les cours d'eau niçois.
La trituration à sec
La plupart des moulins français fonctionnaient de cette manière. L'olive est broyée par des meules, la pâte obtenue est malaxée avec de l'eau pour devenir homogène puis placée dans des scourtins
qui sont placés sous des presses. L'huile est filtrée ou décante naturellement.
Les méthodes modernes
On n'arrête pas le progrès, les nouvelles machines permettent un travail plus rapide et une incontestable amélioration de la qualité du produit.
Les moulins hybrides
Nombre de moulins traditionnels modernisent peu à peu leur équipement. Les olives sont convoyées, effeuillées et lavées automatiquement. Les meules modernes tournent bien plus rapidement dans un
bac en acier inoxydable. Un malaxeur à vis sans fin diminue le temps de meulage. Les meules peuvent même être remplacées par un broyeur à marteaux.
Enfin, des centrifugeuses et des décanteurs évitent l'utilisation des scourtins et des super-presses. Le travail perd en poésie, mais l'efficacité est au rendez-vous.
Les moulins à chaîne continue
Dans ce système, l'alimentation en olives est effectuée en continu. Elles sont lavées, broyées, malaxées, puis centrifugées plusieurs fois et ressortent sous forme d'huile, d'eau (margines) et de
grignons. Récemment sont apparus des modèles de petite taille nettement moins chers que les installations classiques.
Comment obtenir son huile
Il est évidemment plus aisé de choisir son moulin dans le Var, par exemple, entre 20 et 30 moulins en activité, que dans les Pyrénées-Orientales, un seul moulin.
Le système coopératif
Les coopératives acceptent les olives quelle que soit la quantité. Un petit producteur peut très bien amener une trentaine de kilos, il obtiendra une part de la production du moulin. Par contre,
il n'obtiendra pas sa propre huile.
Pour obtenir un tirage réservé, il faut apporter en une fois 250, 300, voire 700 kg d'olives fraîchement cueillies.
Les moulins privés
Les moulins à meule et à scourtins ne peuvent pas fonctionner sans une charge minimum, par contre les petites chaînes continues sont beaucoup plus souples. Pour un prix de trituration au kilo
plus élevé (incluant le temps perdu de lavage et de mise en route de la machine), certains mouliniers et même quelques coopératives acceptent de réaliser des "pistes" de 150 kg, voire moins. Un
particulier qui dispose de quelques arbres peut donc repartir avec "son" huile.
Des "micro-moulins" à chaîne continue sont apparus sur le marché. Leurs résultats tant en terme de qualité que de coût sont prometteurs. De nombreux oléiculteurs franchissent le pas et triturent
eux-mêmes leurs olives.
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